Language is both the material and the pursuit of poetry. Gestuaire examines gestures — gestures of life, gestures of death, of infinite love or absolute violence — as a langage. Taken together, Sylvie Kandé suggests, they shatter the smooth surface of evidence and unsettle time in its expected linearity.

Having extracted these gestures from her past & daily routine, from general indifference or oblivion, and from political crises, the author makes them shine as so many jewels.

Gestuaire was short-listed for the Prix Kowalski des Lycéens, and received the Prix Louise Labé in 2017.

 

 

D’un coup tombait une fraîcheur
sur cette maison qui n’était pas de plain-pied
Mais on avait beau dire et faire
apprêtant déjà pagnes lourds et encensoirs
seule la lumière tremblait à se transir un peu
et les formes domptaient encore
la meute des ombres à leurs pieds

Ah l’aurais-je assez aimé
ce soubassement fait de rêves et de parpaings
où les lares alanguis aimaient à deviser !
On m’écrit qu’on l’a démoli depuis !
Qu’aux crues ses épaufrures n’ont pas cédé !
Que juré ! cette hausse
on en avait longtemps causé
Dieu ne l’avait pas voulu
le temps avait manqué !
Je ne réponds de rien
sinon du crépuscule qui s’ajournait
quand venait l’heure de vanner

 

about Gestuaire:

“Rivalisant avec la danse, mais aussi la photographie et la peinture, Sylvie Kandé assigne ainsi, à son tour, à la poésie la tâche de ‘Racheter la mort des gestes’ dans une épopée intime du quotidien, en mode mineur.” (Dominique Combe, Études de lettres)

“La langue de Kandé est une guangue rare, magnifique, vivante, luxuriante ; le réceptacle de toute l’étrangeté, parfois l’étrangèreté, du réel. Un tableau de sons et de sens. Un Tout-poésie.” (Roger-Yves Roche En attendant Nadeau)

“Sylvie Kandé a dédié son livre à l’immense historien négro-africain que fut Joseph Ki-Zerbo que j’ai très bien connu… il m’a dit lors d’un déjeuner ‘certains écrivains africains conçoivent, enfin, autrement la littérature africaine en l’écrivant autrement ; ma bataille d’historien, c’est ça.’” (Olympe Bhêly-Quenum, site web)

“Un tel livre est donc un texte grave, intense, dans lequel l’image apparaît dans la précarité là où il n’y est pas question de subordonner le lieu humain à la demeure de Dieu.” (Jean-Paul Gavard-Perret La Cause littéraire)

“… le geste qui traverse ce recueil, c’est aussi celui qui coud le passé au présent, et une poétique à l’autre, la poésie de France et celle des antipodes, pour les métisser l’une par l’autre et en tirer un chant d’aujourd’hui.” (Sylviane Dupuis)

“The finely nuanced poems of Kandé’s third collection grab the reader through their themes, voices and sounds. Inventive and powerfully imaginative, they portray people of various classes, places and eras via writing meant to be both tender and violent…”(Jean-François Duclos French Review)

 Gestuaire c’est aussi la conversation avec les tableaux de maîtres qui autorise, à travers l’ekphrasis, une replongée à la fois dans l’expérience de l’écrivain avec l’objet d’art et la projection du geste écrit qui en a résulté.” (Charles Gueboguo, Afrolivresque)

“Cette poésie ne cultive pas l’azur, ‘survivre dit-elle jamais ne tient qu’à un fil’. Il faut dire que ce recueil parle de la violence du négrier, du génocidaire, du colon, de la loi, des frontières et, trop souvent contrariées, de ces rêves de liberté des marrons, des migrants, des ‘pas comptés’ et des ‘phalènes dorés’. En ne cédant pas à la facilité de la dénonciation, Sylvie Kandé refuse de s’abstraire de la complexité du monde.” (Mustapha Harzoune, Hommes et migrations)

“Sylvie Kandé, dans Gestuaire, a donné à voir ‘ce qui ne s’entend ni ne s’écrit’. Pour l’auteure, il n’est d’écriture que celle du corps et du rapport de ce corps au monde.” (Michel Ménaché Europe)

“… compact et acéré, [ce] nouveau recueil, Gestuaire, est un défi. En six sections, elle tente de capter par le language ce qui ‘ne s’entend ni ne s’écrit’, confie aux mots la tâche d’inscrire les gestes dans la ‘fragile éternité” du poème.’ (Monique Pétillon Cahier Critique de Poésie)

“… si toute vie est un coup monté comme la poète le rappelle avec Artaud, elle ne peut se contenter de peser les nerfs au prix d’en finir avec oeuvres, langue, parole et esprit… peser les gestes dehors, par le pèse-geste qu’est la langue, …— tel est le défi.” (Tim Trzaskalik sitaudis.fr)

Gestuaire fixe dans l’éternité du poème un ensemble de gestes possibles à l’homme, des plus insignifiants aux plus remarquables, des plus violents aux plus tendres, comme le rappelle la coda, à la fin du recueil. Ce texte, métapoétique, explicite la démarche artistique de sorte que le recueil apparaît comme une véritable expérience poétique, à la recherche d’un art de dire le geste.” (Virginie Brinker)

“C’est une langue chargée d'histoire et de sensations brutes que celle qui anime "Gestuaire" recueil de Sylvie Kandé, langue scandée, incantatoire, qui charrie une vie océane, battante, inassignable… C'est une poésie dense, charnue, longue en bouche. Une poésie insurgée aussi, parfois imprécatoire, qui dénonce mensonges, exactions, et exhorte à résister. "(livres-addict.fr)